Croire…

Touride attacha sa mule et frappa à la porte de la maison de Hacoc. C’était une très belle demeure. On eut dit que l’artisan qui l’avait construite y avait mis tout son cœur.

Personne ne répondit. Il décida de se promener dans les allées du jardin et croisa une femme qui soignait délicatement un rosier.

– Vous êtes là pour CROIRE ? Lui demanda-t-elle avec un regard pétillant.

– Je cherche Hacoc. On m’a dit qu’elle pourrait m’être utile.

– C’est certain, lui dit-elle, c’est pour cette raison qu’Hacoc se lève chaque matin : être utile.

Elle désigna un petit bois qui se trouvait à une centaine de mètres. Il y avait là une autre maison plus petite que la première, mais aussi belle. Il s’en approcha et entendit une voix féminine s’exprimer avec conviction. Il entra dans la pièce où une dizaine de personnes assises sur des bancs écoutaient l’oratrice. Tout en continuant à parler à son auditoire, elle suggéra à Touride de s’asseoir à côté d’une femme au deuxième rang.

Touride préféra s’isoler au fond de la salle : il s’assit sur le bord d’un banc, le plus près possible de la sortie. Comme il n’y avait personne pour faire contrepoids, le banc bascula, fit tomber le jeune-homme et reprit sa position dans un fracas qui interrompit le discours. Tout le monde se retourna :

Touride était à terre, confus, désemparé… Il rougit et commença à larmoyer. Il prit sa tête entre ses mains comme pour se protéger des quolibets. Il s’attendait à devenir la raillerie de l’assistance… Mais contre toute attente, personne ne se moqua ! On l’aida à se relever avec de nombreux égards. Certains lui demandèrent s’il s’était fait mal. Un cinquantenaire très paternel lui proposa un verre d’eau en lui tapotant l’épaule…

Ces réactions lui parurent tellement étranges qu’il se sentit mal à l’aise. Il repoussa toute proposition d’aide, retourna s’asseoir, au milieu du banc cette fois, et demanda à toute personne qui avait encore la moindre empathie pour lui de s’occuper de ses affaires !

Hacoc sourit, et reprit son discours :

Vous êtes responsables de votre vie ! Même vos pensées sont des CHOIX. Même vos émotions sont des CHOIX. Tant que vous croirez que vous ne pouvez choisir ni vos pensées ni vos émotions, vous vivrez en victime. Dès que vous prendrez conscience que c’est vous qui menez la danse, la victime disparaîtra et son histoire de victime avec elle !

Rassurez-vous, vous ne perdrez pas la mémoire ! Si on vous demandait de raconter l’épisode le plus sombre de votre histoire, vous vous surprendrez même à retrouver des détails oubliés. Ces petits détails qui donneront à votre récit un sens nouveau. Et il y a un cadeau magique qui accompagne tout ça : même si vous avez vécu en victime pendant 100 ans avant de jouir de cette transformation, à l’instant où vous aurez accepté la Responsabilité de votre vie, 100 années de victimisation disparaîtront, et votre vie toute entière sera éclairée par votre nouveau regard sur le passé : le regard d’un Être Responsable qui construit sa vie au lieu de la subir.

Bien que Hacoc s’adressa à l’assistance toute entière, Touride eut l’impression que c’est à lui que ces mots étaient destinés. Il lui semblait même qu’ils faisaient écho à ce qu’il venait de vivre : après sa chute il S’ATTENDAIT à être moqué, il VOULAIT devenir la victime innocente de tous ces gens, il ÉTAIT PRÊT à s’enfuir en courant verser toutes les larmes de son corps au bord d’un ruisseau… A la moindre raillerie, il l’aurait fait : Il s’y voyait déjà ! Dans son esprit, il n’y avait qu’une seule conséquence possible à sa chute ridicule : demeurer l’idiot du village ! Demeurer une victime…

L’animatrice poursuivit :

A présent écoutez-moi bien, car ce que je vais vous révéler va vous libérer d’un énorme poids :

Beaucoup de guides spirituels vous diront que l’Univers vous renvoie une image fidèle à ce que vous attendez de lui :

  • Vous voulez victimiser à propos de votre condition ? alors vous vivrez dans de tristes conditions !
  • Vous voulez blâmer le monde qui vous entoure ? Alors ce monde vous en donnera l’occasion chaque jour !
  • Vous voulez vivre en solitaire ? Alimenter un sentiment d’abandon ? Vous faire trahir au moindre regain de confiance ? Parfait ! C’est exactement ainsi que les choses se passeront, parce que vous co-créez tout ça !

J’y ai longtemps cru à la lettre, mais je me suis rendue compte qu’au lieu de me sentir Responsable, je me sentais coupable d’avoir co-créé un monde misérable ! Et puis un jour, j’ai pris conscience qu’un détail important m’avait échappé. Un détail qui complète cette loi et qui nous donne accès à de nouvelles attractions. Le voici :

Certes, l’Univers nous envoie une vie conforme à nos pensées, mais dans sa générosité, il arrive parfois qu’il nous livre bien plus que notre part…

Touride pensa à toutes les bonnes attentions qui lui ont été livrées quelques minutes plus tôt, alors qu’il était convaincu qu’il allait crouler sous les moqueries. L’univers dans lequel il se trouvait lui a donné bien plus que sa part, et pourtant il a refusé toute bienveillance.

Comme pour faire écho à sa réflexion, Hacoc continua :

Mais rappelez-vous que quoi qu’il arrive, vous aurez toujours le dernier mot ! L’Univers pourrait se monter bienveillant et généreux pendant des années ! Si vous refusez ses invitations, rien ne changera dans votre vie. Si vous les acceptez, attendez-vous à des miracles !

Une jeune-femme, nommée Chidérée, leva le doigt  :

– Toute mon enfance j’ai souffert de maltraitance. Mes parents étaient de véritables bourreaux ! Comment puis-je accepter l’idée que je suis responsable de tout ça ?

– Que pensez-vous des croyances spirituelles selon lesquelles notre âme choisit nos parents avant de naître ?

– Vous comprenez bien que dans ma situation je refuse d’y croire… Ou alors j’ai une âme d’aliénée !

– Avez-vous des enfants ?

– Oui… J’ai deux garçons

– Les maltraitez-vous ?

– Jamais ! Jamais je ne lèverai la main sur eux !

– Vos parents ont-ils été maltraités par leurs parents ?

– Oui ! Et mes grands-parents aussi ! C’est un principe éducatif transmis depuis des générations ! Quiconque naissait dans cette famille était prédestinée à souffrir. Cette violence est une véritable malédiction familiale !

– Une malédiction qui dure depuis des siècles, mais grâce à votre passage dans cette famille, vos enfants en sont épargnés…

Un profond silence envahit la salle. Hacoc fixa le regard de Chidérée avec bienveillance, attendant tranquillement qu’elle réponde.

– Vous voulez dire que je me suis sacrifiée pour mes enfants ?

– Si cette mission devait vous être confiée aujourd’hui, accepteriez-vous ces années de souffrance pour les épargner ?

– Oui ! Ça je veux bien le croire ! Je ne supporte pas l’idée qu’on puisse leur faire le moindre mal. Si cette croyance est vraie, je me suis posée en bouclier !

– Chidérée vous n’êtes pas un bouclier, vous êtes un rempart, une forteresse, une citadelle ! L’éducation que vous transmettez à vos enfants est désormais sans violence. Ils ne battront pas leurs enfants et toute votre lignée sera libérée de cette terrible malédiction. Vous imaginez le nombre d’enfants que votre âme a sauvé de la maltraitance ?

Les yeux de Chidérée se troublèrent de larmes. Elle venait de donner un sens à son enfance torturée. Jusque-là, l’idée qu’une âme puisse choisir ses parents la rebutait, et soudain, elle avait envie d’y croire. Hacoc reprit :

– C’est un honneur pour moi de vous avoir ici Chidérée,  et tout le monde dans cette salle devrait se sentir gratifié. Votre âme n’est pas folle ! Elle est généreuse, courageuse, bienveillante… Vous vous êtes mise au service de quelque chose de plus grand que vous. Vous vous êtes sentie dépassée les premières années de votre vie, mais quel enfant ne le serait pas ? Vous ne pouviez pas comprendre à quel point vous étiez Responsable…

Face à l’émotion palpable, Hacoc décida de marquer une pause. Elle vint saluer chaleureusement Touride, qui accepta cet élan d’énergie particulier. Il lui raconta la rencontre qui l’avait amenée jusqu’à elle, et lui demanda de quelle manière elle pourrait l’aider à concourir.

– Depuis que vous êtes entré dans cette pièce, avez-vous été aidé ?

– D’une certaine façon, oui…

– Alors je vous propose de continuer pendant encore 2 jours.

– Vous pensez que ce que vous me direz m’aidera à remporter la victoire ?

– Je pense que ce que vous allez vivre ici vous aidera à remporter votre victoire !

– Quelle est la différence entre la victoire et ma victoire ?

– Vous le verrez en allant jusqu’au bout de votre mission.

Touride décida de s’intégrer au groupe de travail. A ces gens étranges qui œuvraient les uns pour les autres, et qui étaient convaincus qu’ils étaient au service de quelque chose de plus grand qu’eux… Peu à peu, l’idiot du village céda sa place à un homme nouveau, qui avait envie d’y croire.

20 réflexions au sujet de « Croire… »

  1. Bonjour Stéphane,
    Merci pour ce texte très pertinent et inspirant comme toujours,mais plus particulièrement marquant pour moi en ce moment, car j’entre dans une phase de prise de conscience.
    J’ai l’impression que beaucoup de personnes veulent décider à ma place.
    Cela m’a fait entrer en fureur hier.
    Mais la colère ne servant à rien d’autre qu’à identifier ce qui ne va pas, j’ai choisi de la transformer en indignation en exprimant calmement mon point de vue… donc mon choix.
    Effectivement ma vie actuelle est le résultat de mes choix, certes entre plusieurs options existant dans le réel, mais choisies.
    « La liberté ce n’est pas de pouvoir faire ce que l’on veut, mais de vouloir ce que l’on peut. »

    1. Stéphane, depuis le début de la matinée j’agis, en ayant à l’esprit « je ne suis pas une victime » et ça fonctionne très bien, sans emportement, mais avec fermeté. La fermeté qui est ancrée par le choix.
      Merci

  2. J’aime bien l’histoire de Chidérée qui a pris sa vie en main et qui ne s’est laissée enfermer dans un schéma destructeur. Elle est en mouvement et écrit son histoire.

    1. Je la connaissais déjà. Elle nous a fait l’honneur de la partager sur la page de Stéphane. Je crois qu’on est tous restés sous le choc.

  3. Ce point en particulier m’est compliqué.
    La victimisation /culpabilité vs la responsabilité.
    Je n’y arrive toujours pas le concept me hérisse je crois.
    J’essaie de l’utiliser en relisant certaines parties de ma vie pour avancer mais ça me bloque totalement .
    Autant j’admets volontiers que si c’est trucs douloureux n’étaient pas arrivés je ne serai pas ici et maintenant dans ma vie qui me plaît.
    Autant vouloir me sentir responsable de ce qui est arrivé me mets en colère.
    Et dans ces cas je ressasse.
    Je préfère ne pas y penser faire comme si ça n’était pas arrivé et la plupart du temps ça va comme ça.

    1. En lisant un livre sur la CNV, j’ai tout de suite compris la notion de responsabilité.

      D’ailleurs, je dois toujours terminer ce livre. C’est comme si cette révélation que j’ai eu correspondait au but de ma lecture. Je n’arrive pas à continuer le livre. Je suis comme rassasiée.

  4. Oui d’ailleurs la aussi je bloque. ..
    C’est en fait pour un événement en particulier.
    Je prends ma vie en main je ne serai plus jamais une victime. Je pense que je suis dans le locus interne sur ça.
    Mais ce qui est arrivé est arrivé pour du vrai.
    Je refuse de croire que j’en suis coupable responsable ou je ne sais quoi.

    1. Je crois que la confusion entre culpabilité et responsabilité est encore trop grande. C’est un thème à travailler. Pour certains ça coule de source.

      Je te donne un exemple souvent exploité (et rarement bien exploité) :

      Une femme battue n’est pas coupable des coups qu’elle reçoit. Le coupable est l’abruti qui cogne, et là, il y a clairement une victime de ces coups. En revanche, elle est responsable du fait que ce cogneur soit entré dans sa vie. Si elle assume cette responsabilité, elle peut plus facilement le mettre dehors qu’en si elle se disait qu’elle n’avait pas le choix.

      Dit autrement :

      Elle n’est pas coupable de ce qui lui et arrivé par le passé, mais aujourd’hui elle est responsable de son avenir.

  5. allez un « petit » partage en relation avec « croire + bonheur » que Florentin a résumé pour son travail sur le bonheur

    ça a un rapport avec notre relation au malheur et à son acceptation, sujet difficle abordé aussi dans l’artcile de Stéphane

    https://www.youtube.com/watch?v=iSXVElUkIrs et voici le texte du résumé de FLorentin de la vidéo

    Le Bonheur par Frédéric LENOIR
    Les scientifiques aujourd’hui disent que le bonheur vient pour 50% de la génétique (héritage), 40% de ce que nous avons choisi de faire (engagement, activité, rencontres, choix..) et les 10% restant sont les conditions extérieures.
    Comme le dit Spinoza, le bonheur est de réaliser sa nature profonde. Les animaux et les hommes avancent vers la réalisation de cette nature et sont tristes ou heureux selon qu’il y arrivent ou pas.
    Ainsi l’Homme grandit, progresse (ou pas) dans la connaissance et se trouvent ainsi soit heureux soit tristes.
    Le but sans la vie est de remplir sa vie de joie grâce à la recherche de sa vraie nature (mettre de l’ordre dans ses passions par un travail de la raison)

    Pour atteindre le bonheur il n’y a pas de recette, il faut d’abord découvrir qui nous sommes et ce pourquoi on est fait (processus d’individuation en psychologie)

    Pour les Taoïstes, l’être le plus heureux qui soit est l’enfant qui est dans l’émerveillement et la spontanéité, il a un certaine plasticité mentale sans préjugés (quand le mental se forme, les peurs arrivent avec les interdits)
    Il dit qu’il y a 2 modèles : taoïste (le Tao, le changement) ou confucéen (Pour Confucius, le modèle du sage heureux est le vieillard). Frédéric Lenoir est plus Taoïste (spontanéité des enfants). Il cite aussi Jésus dans les évangiles (redevenez comme des petits enfants). L’adule en vieillissant a plus besoin de contrôle et de sécurité et de garder ce qu’il a acquis. Lenoir dit qu’on ne peut pas contrôler la vie. La vie est en changement permanent, il faut l’accepter (lâcher prise, confiance).
    Il dit aussi que trop chercher volontairement le bonheur peut rendre malheureux.
    Il rappelle que l’Homme cherche constamment la satisfaction du plaisir (faim/manger..) et rappelle qu’Épicure a dit que tout plaisir n’est pas bon, par exemple que trop de plaisir tue le plaisir, trop manger rend malade etc.. Il faut savoir sélectionner les plaisirs avec la raison, savoir quels sont nos valeurs pour faire le tri. Épicure prône effectivement la recherche du plaisir mais il prône également la modération.
    Il témoigne du fait que donner aux autres rend heureux, que les généreux étaient plus heureux que les autres.
    Quand on lui fait remarquer qu’il cite souvent les évangiles (Christianisme) il dit qu’effectivement il y trouve des messages pour devenir heureux mais que la religion mise en place par les hommes pour les contrôler a provoqué l’inverse en les rendant malheureux. Il note que les croyants qui ont la foi sont plus confiants dans la vie. En général les gens confiants en eux-même et aux autres sont plus heureux.

    Il fait remarquer que le bonheur ne serait pas la chose a plus importante, que l’Amour serait plus important. On peut même renoncer à des choses pour aider les autres. Il a travaillé 6 mois en Inde dans une léproserie avec Mère Térésa.

    Si la thèse divergence de Luc Ferry vous intéresse, voici le résumé de Florentin de
    https://www.youtube.com/watch?v=ZF0KjSM6rno

    ce qui est en rapport avec l’article de Stéphane c’est la partie
    -«Aimer le monde tel qu’il est n’a pas de sens, c’est ignoble (ex Auschwitz) »

    voici le résumé de Florentin

    Le bonheur : Quête accessible ou Illusion ?
    Luc FERRY dans son introduction annonce qu’il y a aujourd’hui une véritable inflation de l’idée de bonheur, prolifération d’ouvrages de conseils (exercice de sagesse, exercice spirituel) pour trouver le bonheur citant le Dalaï-lama (l’art du bonheur) , les psychologies positives (Christophe André/psychiatre) , les techniques de communication (développement personnel) et même son « ami »  Frédéric Lenoir avec  son « petit livre » (du bonheur).. qui nous promettent presque le « bonheur en 15 leçons »
    Luc Ferry, qui ne partage pas cette opinion, dit qu’il y a 4 idées dans la thèse du bonheur :

    -Il ne dépend que de soi
    -On peut être heureux dans un monde malheureux
    -Il faut dire oui à la vie, vivre dans l’instant (Amor Fati/ accepter son destin, ne pas regretter le passé, ne pas espérer dans l’avenir)
    -Être en harmonie avec sa véritable nature

    Luc FERRY oppose les théoriciens du bonheur (cités ci-avant) à Kant, Freud , Nietzsche.. qui sont (comme Luc Ferry) hostiles à l’idée de bonheur et qui (pour eux) n’est pas le comble de la sagesse mais le comble de l’illusion. Luc Ferry dit clairement « je pense que l’idée de bonheur est un idée absurde ». Il est clairement contre les stoïciens (Épictète), contre cette idée qu’il faut adapter son état intérieur au monde et prendre le monde tel qu’il est, tout comme le prône aussi le Bouddhisme. Il est contre l’idée qu’il faille se connaître soi-même pour savoir comment être heureux.

    Dans sa thèse (que le bonheur est une chose absurde) il dit qu’en résumé :
    -Le bonheur dépend de l’état du monde et des gens qu’on aime, en contradiction, il cite le Dalaï-lama qui a écrit (dans les voix de la liberté) que si nous ne voulons pas être malheureux de la souffrance de notre épouse ou de nos enfants, alors il ne faut pas se marier ! Seule la vie monacale permet l’accès au bonheur.
    -«Aimer le monde tel qu’il est n’a pas de sens, c’est ignoble (ex Auschwitz) »
    -Il y a une grande dissymétrie entre le bien et le mal: on sait définir le malheur mais , il est impossible de définir le bonheur. Dès qu’on est heureux on peut s’en rendre aussi malheureux. L’intelligence donnée aux hommes leur permet rapidement de se rendre compte du malheur qui existe au monde. Luc Ferry dit «Je sais ressentir les moments de joie, de sérénité, de plaisir.. mais ça ne reste pas dans un état stable et durable»
    Il cite Kant « Le concept de bonheur est un concept si indéterminé, que, malgré le désir qu’a tout homme d’arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire en termes précis et cohérents ce que véritablement il désire et il veut. La raison en est que tous les éléments qui font partie du concept du bonheur sont dans leur ensemble empiriques, c’est-à-dire qu’ils doivent être empruntés à l’expérience, et que cependant, pour l’idée du bonheur, un tout absolu, un maximum de bien-être dans mon état présent et dans toute ma condition future, est nécessaire. Or il est impossible qu’un être fini, si clairvoyant et en même temps si puissant qu’on le suppose, se fasse un concept déterminé de ce qu’il veut ici véritablement.  Veut-il la richesse ? Que de soucis, que d’envie, que de pièges ne peut-il pas par là attirer sur sa tête ! Veut-il beaucoup de connaissances et de lumières ? Peut-être cela ne fera-t-il que lui donner un regard plus pénétrant pour lui représenter d’une manière d’autant plus terrible les maux qui jusqu’à présent se dérobent encore à sa vue et qui sont pourtant inévitables, ou bien que charger de plus de besoins encore ses désirs qu’il a déjà bien assez de peine à satisfaire. Veut-il une longue vie ? Qui lui garantit que ce ne serait pas une longue souffrance ? Veut-il du moins la santé ? Que de fois l’indisposition du corps a détourné d’excès où aurait fait tomber une santé parfaite, etc. ! Bref, il est incapable de déterminer avec une entière certitude d’après quelque principe ce qui le rendrait véritablement heureux : pour cela, il lui faudrait l’omniscience. »

    -« L’Homme n’a aucune nature » (mythe de Prométhée) ». Dans la mythologie (Olympe, fils de Titans) Épiméthée fait d’abord les animaux selon les règles de Prométhée :  les animaux ont un lieu de vie (région, eau, air, terre..), des dons (griffes, nageoires, fourrure..) et une mission (archétype/programme : les abeilles le miel, les chats attraper les souris, les lapins courir vite..) et quand vient la création de l’Homme il n’y a plus de règle , l’homme n’a donc rien : il vit partout, n’a aucun don et aucune mission particulière, il n’a pas de nature. Il peut tout devenir (liberté) mais il est obligé d’inventer sa vie.  On ne peut pas être en harmonie avec sa nature profonde car nous n’en avons pas. A cause de cela l’éducation est un art et pas une science.
    -Il existe une véritable tyrannie du bonheur à force de chercher à être heureux. Or on a tous des problèmes, mais on doit paraître heureux.

    Conclusion de Luc Ferry :
    Les moments de joie, de sérénité, de plaisir oui.. mais gardés dans un état stable et durable  est une véritable imposture. Restons modeste le bonheur dépend essentiellement des autres et du monde extérieur. Seule la promesse de la vie éternelle, la non séparation de l’être aimé (comme dans la religion chrétienne) peut faire espérer le bonheur. C’est une théologie du bonheur. C’est l’amour de la mort, la victoire de l’Amour sur la mort. Aujourd’hui c’est rendu possible par le transhumanisme (bio technologie)

    -fin des résumés-

    BON ALORS ME DIREZ-VOUS

    juste une question êtes-vous plus Lenoir ou Ferry ?
    moi c’est Lenoir mais Ferry me perturbe

  6. Lors du poste de fête des mère, je n’arrivais pas à me dire que mon âme avait pu choisir une mère si destructrice même si cela me rendait fière de me dire que mes enfants m’ai choisie… Je vivrais sûrement ma prochaine fête des mères ( en tant que fille) différemment. Merci

    1. Je suis touché par le fait que cette PROPOSITION de croyance te touche autrement après cette vision différente. J’ai d’autres histoires (vécues en séminaires) qui sont terriblement touchantes, mais qui sont un peu dures dans un programme découverte comme celui-ci.

  7. À chaque fois qu’il m’arrive quelque chose, je me dit que je doit apprendre de cet événement.
    Je remercie la vie et ces coïncidences.

  8. L’histoire de Chidérée me parle bien et me touche. J’ai vu une personne qui faisait un travail sur l’énergie qui m’a dit sans connaitre mon histoire (adoption) : vous venez de deux lignées de femmes qui ont souffert et votre mission est de réparer pour changer le paradigme.
    Ce sens a été une révélation pour moi. Lorsque j’ai rencontré un homme ayant aussi été adopté, je me suis dit qu’on avait une sacré mission !
    Lors de la naissance de notre premier fils, j’ai senti que nous étions en effet en train de créer quelque chose de nouveau, que nous renouions avec le fils « naturel » de la vie.
    Nous y travaillons tous les jours, afin de transmettre du bon à nos enfants.

  9. Choisir mes pensées… ok pour moi. Mais choisir mes émotions, j’ai du mal à comprendre. Une émotion c’est automatique, cela ne ce choisit pas. En revanche je peux choisir ce que je fais de l’émotion qui me traverse. Mais choisir mes sentiments, oui je suis d’accord.

    Voila ce qui me vient en lisant les phrases suivantes :  » Même vos pensées sont des CHOIX. Même vos émotions sont des CHOIX. »

    Qu’entends tu par émotions dans ce texte Stéphane ?

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